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LA PHILOSOPHIE DU THÉ

La philosophie du thé Philosophie de la Voie du Thé Pour définir brièvement la culture de la Voie du Thé (Cha-Dô), nous dirons qu’elle est une synthèse culturelle aux idéaux élevés. Dans la Voie du Thé, l’art, l’éthique, la philosophie et même la religion sont contenues. Le “Cha-no-Yu” terme qui désigne la “cérémonie du thé” reste entouré d’un aura de mystère. Le but recherché étant d’atteindre la sérénité de l’âme, et d’instaurer une harmonie entre le lieu, les invités, les saisons et les ustensiles. La Voie du Thé élève la consommation du thé au rang d’art.Cette culture a un système synthétique et unificateur. Commençons par le domaine de l’art: du côté de l’architecture nous avons le pavillon à Thé. Il est construit selon les critères du Wabi-Sabi (mélancolie, sobriété, simplicité, dépouillement). Il est situé à l’écart de la résidence principale. Pour parvenir au pavillon, nous empruntons le Roji (sentier dépouillé). Il symbolise la première étape de méditation. Il permet de préparer l’âme à l’atmosphère de sérénité, et de rompre tout lien avec le monde. Du côté de l’artisanat, nous trouvons tous les ustensiles et objets d’art servant à boire le thé. Le bol (chawan) étant l’objet central de la cérémonie, et le seul à être touché par les invités. La pureté des gestes à une très grande importance, ils doivent être dans un rythme élégant, harmonieux, pour permettre d’instaurer une certaine sérénité.La concentration permet la justesse des mouvements est d’atteindre une paix de l’esprit. Du point de vue éthique, la Voie du Thé atteint une profondeur hors du commun. Elle est une philosophie de vie, dictée par des règles ancestrales, fixées non seulement pour la Cérémonie du Thé, mais également pour la vie quotidienne. La Voie du Thé est un chemin spirituel, ou le pire ennemi est l’orgueil provoqué par l’égocentrisme et l’attachement à soi,le thé est un partage entre l’hôte et son invité, pas une recherche solitaire. Cette philosophie fut très influencée par les maîtres Zen, aussi du point de vue religieux, la Voie du Thé a son propre satori.(Éveil). Rikyû, l’un des fondateur de la Voie du Thé , était considéré comme un homme de thé parvenue à un grand satori. Rikyû résumera en quatre règles: Harmonie, Respect, pureté, sérénité et sept principes, la Voie du Thé. De nos jours, les hommes de thé vénèrent l’esprit des créateurs de ces règles.

Les sept trésors de l’art Zen et la Voie du Thé:

 

1- Asymétrie: Le meilleur exemple pour l’asymétrie et le bol à Thé (Chawan). Les déformations du bol permettent de ressentir les mouvements des doigts du potier. En tournant le bol dans les mains, on se rapproche du touché éprouvé par l’auteur,le touché, la couleur, le brillant diffèrent de façon complexe selon les endroits et éveillent différents sentiments.L’asymétrie peut s’appliquer à tous les objets de la cérémonie du thé.“ La rectitude n’est pas intéressante, seul se qui est inachevée retient l’attention” Wabi:( concept esthétique impliquant des idées de simplicité, de solitude)

2- Simplicité: Les occidentaux saisissent l’essence de la Voie du Thé du Japon par cette simplicité. Mais cette simplicité est souvent trompeuse, car au-delà, il y a une perfection esthétique en harmonie avec la nature. Dans la Voie du Thé la nature est vénéré, et devient un guide. Dans cette simplicité, nous y trouvons le Sabi ( tranquillité, patine).

3- Essence: “Prendre de l’âge” ou “vieillir” est une caractéristique importante de la culture de la Voie du Thé. Les ustensiles ont souvent une patine, ils sont marqués, usés par le temps passé, ce qui leur donne une noblesse tranquille.( Sabi) 4- Naturel: Signifie sans pensée, sans réflexion. Un bol à thé est crée sans aucun calcul. C’ est une création naturelle, qui vient du plus profond de l’âme du créateur, une beauté naturelle souvent inachevée, ou l’homme se défend de la perfection. Les ustensiles de notre époque laissent une impression antipathique, artificielle, calculé “sans âme “. Les gestes de la Cérémonie du thé, doivent êtres exécutés le plus naturellement possible sans pensées. L’ensemble des gestes doit créer une harmonie.

5- Subtilité: Il s’agit d’une attitude modeste. Les échanges de salutations, de paroles doivent être adaptée à la Voie du Thé. Ces échanges dans les règles créent une atmosphère de mystère. La réside toute la profondeur de la Voie du Thé. Chaque geste, chaque parole, chaque regard crée des sentiments différents. Parallèlement à la profondeur, il apparaît un mystère obscur, mais cette obscurité n’est ni triste, ni noire, il s’agit d’un noir serein, paisible. Elle permet d’apporter aux gestes une nuance, une profondeur, une douceur, qui est en harmonie avec la simplicité.

6- Rejet de toute trivialité: La traversée du Roji (sentier dépouillé) qui mène au pavillon de Thé; permet accéder à un monde pur. Toute trivialité disparaît, il nous délivre des poussières du monde. Dans le jardin de thé il y a aussi le Tuskubaï (pierre creusée contenant de l’eau), cela sert à se rincer les mains et la bouche, geste rituel de purification. Le Roji permet à l’hôte et ses invitées de se détacher des trivialités du monde extérieur. Toutes conversations mondaines, question d’argent sont exclus. Les sujets doivent êtres dépourvus des poussières mondaines.

7- tranquillité: Dans la Voie du Thé, toutes conversations, tous gestes doivent être effectue avec calme et sérénité. Rien ne doit irriter le coeur.La tranquillité est importante dans la Voie du Thé.

 

La culture de la Voie du Thé est synthétiquement “une” et il faut que toutes ces sept caractéristiques y figurent, sinon on ne saurait l’appeler culture de la Voie du Thé. La sensibilité et le calme que l’on peut acquérir par la pratique du “Cha-Dô” (voie du thé) conduit à une paix intérieure. Cette voie est une philosophie de vie. Nous pouvons voir dans la Cérémonie du Thé, l’expression la plus élevée du culte de l’instant présent au Japon

© OURTAL-Christophe

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